Les grands froids

Ce matin, je me lève et le thermomètre indique – 17 °C. Ça y est, les grands froids sont arrivés. À cette époque de l’année, nos ancêtres en profitaient pour faire des provisions qui allaient être consommées dans le temps des Fêtes. « Dans le bon vieux temps », il n’y avait ni congélateur ni réfrigérateur. À la campagne, il n’y avait même pas d’électricité. L’hiver, lorsqu’ils étaient certains qu’il n’y aurait pas de redoux, nos ancêtres stockaient la nourriture dans des glacières à l’extérieur, sachant qu’elle se conserverait grâce aux grands froids. Ceci explique pourquoi plusieurs mets traditionnels québécois sont en sauce ou dans un jus de cuisson. Le liquide protège la viande des brûlures par le froid. Dans le cas des tourtières, c’est la pâte qui faisait office de scellant.

Certains romans décrivent les tablées « du bon vieux temps » comme étant des repas où il y avait de la nourriture à profusion. On peut imaginer que les plats étaient cuisinés à l’avance. Le secret d’une réception réussie c’est d’abord et avant tout une bonne mise en place. Il faut avoir tous les éléments du repas prêts et à portée de main. Le repas venu, il ne restera qu’à réchauffer et faire les cuissons de dernières minutes. Pour ne rien oublier, il est conseillé de dresser une liste pour chaque service. Cette liste contient tous les produits et condiments à servir avec une case à cocher à côté de chacun. On peut cocher ce qui est prêt ou même, ce qui est servi. C’est la meilleure façon de ne pas finir la soirée avec de la nourriture qui n’a pas été servie.

Pour recevoir sans stress cette année, j’ai décidé de ne pas mettre toute mon énergie à vouloir impressionner mes convives avec des plats qui demandent beaucoup de travail lors du service. Toutefois, cela ne veut pas dire que je ne vais pas les impressionner! Pourquoi ne pas servir des plats en sauce? On peut les servir avec du veau, cela donne une touche de raffinement à nos plats. Il y a de grands classiques tout à fait appropriés pour l’occasion, tels que la blanquette ou le bourguignon qui sont des classiques gastronomiques ou le ragoût de boulettes ou la tourtière qui sont plutôt des classiques québécois. Il faut maintenant faire notre choix!

Je crois même servir les quelques plats de veau au centre de la table. C’est une bonne façon de faire interagir les convives entre eux et de mettre en évidence les prodiges culinaires accomplis. C’est toujours plaisant d’entendre un convive dire qu’il s’est régalé! Cela permet aussi de passer du temps avec nos proches. On réchauffe, on sert et c’est fait! Bien fait, vite fait, et ce, sans stress!

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